Critique – L’Exorciste (version intégrale)

Film de William Friedkin – 26 décembre 1973 (version intégrale : 14 mars 2001)
durée : 2 h 02 min (version intégrale : 2 h 12 min)

En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d’une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s’ensuivent.
Parallèlement, à Washington, la maison de l’actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge. Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l’arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l’encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l’adolescente devient méconnaissable.
Chris fait appel à un exorciste. L’Eglise autorise le Père Damien Karras à officier en compagnie du Père Merrin. Une dramatique épreuve de force s’engage alors pour libérer Regan.

  • L’ambiance du film : remasterisation qui garde les couleurs et l’ambiance vieillie du film d’origine.
  • Remasterisation des couleurs : le vomi de la jeune fille n’est plus vert fluo et est plus réaliste.
  • Pas de pro-religion : les personnages ne se tournent pas automatiquement vers la religion alors qu’ils ne sont pas pratiquants.
  • Rajout de scènes ou modification, comme la scène où la jeune fille descend les escaliers comme une araignée.
  • Jeu sur le malaise visuel : différence avec les films d’aujourd’hui qui jouent sur le non-vu. Ce film montre tout et c’est à ça que tient l’horreur → scènes de l’escalier, du crucifix.

  • Début de l’histoire dans les fouilles en Irak : incompréhension, difficulté à faire le lien entre les deux lieux de l’action → difficulté à rentrer dans le film.
  • Rythme lent, moins effréné que les films d’aujourd’hui → caractéristique des films de l’époque, esthétique des années 1970.

BILAN

Note : 4/5

Film culte du cinéma d’horreur et célébrissime pour sa bande originale, L’Exorciste a marqué les esprits et l’histoire du cinéma. Cette ancrage du film tient au malaise visuel que le film installe chez son public. Contrairement au cinéma d’horreur d’aujourd’hui qui joue sur le non-vu et le hors-champ, l’horreur de ce film tient au fait que l’on voit ce qui arrive, dans des scènes choc qui traumatisent le spectateur telles que celle de l’araignée dans l’escalier ou encore de celle du crucifix. Malgré la présence de la religion, le film ne se focalise pas sur elle ou sur la foi, mais bien sur le principe de la possession. Les personnages ne sont d’ailleurs ni croyants, ni pratiquants et ne se tournent pas en premier lieu vers la religion.

Très réaliste dans son scénario et dans l’enchaînement des actions, ce réalisme a été reconnu par le défunt prêtre exorciste Don Amorth, chef exorciste de la cité du Vatican et du diocèse de Rome de 1986 à 2016, malgré selon lui l’outrance des effets spéciaux.

Un film qui, bien qu’il subisse la marque du temps et ne crée plus le même effroi qu’à l’époque, n’est pas dénaturé et continue à susciter le malaise par son réalisme scénaristique et son travail visuel. 

Ana, 23ans, étudiante en Master de Lettres à Paris. Geek et passionnée de cinéma (et plus particulièrement de cinéma d’horreur), je partage avec vous mes découvertes.

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